Pourquoi Karl Olive veut-il encore bétonner La Bruyère ?
Alors que l’avenir de l’ancienne gare de la grande ceinture à La Bruyère avait alimenté les débats au début de la campagne électorale, aujourd’hui la colère monte dans le quartier contre le projet imaginé par Karl Olive.
Il y a quelques mois, surfant opportunément sur une pétition lancée par Hugo Jourdain, un pisciacais connu pour ses analyses humoristiques de l’actualité locale sur les réseaux sociaux, Karl Olive avait annoncé vouloir sauver l’ancienne gare de la grande ceinture, située dans le quartier de La Bruyère. Un projet qu’il avait déjà annoncé 6 ans auparavant, avant de décider lui-même, lorsqu’il était maire, de ne finalement pas réhabiliter le bâtiment.
Il a encore changé d’avis (et c’est son droit) même radicalement, et revient avec dans ses cartons un projet de nouvelle construction !
En effet, il propose de faire à cet endroit « une entrée de ville qui mêlera culture, patrimoine,[…] nouvel équipement de sport, […] commerces ». Et tout cela « sans investissement majeur de la collectivité ». Alors qui paye ?
On l’aura compris, le projet porté par Karl Olive sera confié à un promoteur immobilier. Et le modèle économique de ce dernier passe forcément par la construction de logements pour financer l’ensemble de l’opération.

Si Karl Olive oublie d’annoncer la construction de nouveaux bâtiments d’habitation, difficile de s’y tromper.
D’abord, parce qu’il annonce clairement des commerces, c’est-à-dire des locaux en rez-de-chaussée de bâtiments !
Mais surtout, l’esquisse du projet parle d’elle-même : si l’ancienne gare bénéficie d’un lifting, on y découvre surtout à gauche de l’image un nouvel immeuble d’au moins quatre étages. Cette image, accolée de la mention « étude de capacité volumétrie » utilisée par les professionnels, émane de toute évidence d’un promoteur.
Karl Olive veut ainsi bétonner davantage La Bruyère, y augmentant donc la population et la circulation automobile dans un quartier déjà dense, et sans évolution des équipements publics, agrandissement de l’école ou création d’une crèche par exemple. Le projet est néanmoins clair : encore plus de logements.

Cette annonce de Karl Olive, jeudi 12 février 2026 sur Facebook, n’étonne pas de la part de celui qui, lorsqu’il était maire a reçu fièrement un trophée pour le bétonnage de la ville tel que le rapportait le journal Le Parisien le 4 décembre 2018 : « Les ensembles immobiliers poussent comme des champignons dans les différents quartiers de Poissy. Ce mardi, à Paris, Karl Olive, le maire s’est vu remettre le Prix des Maires Bâtisseurs ».
Mais s’il n’étonne pas, ce projet vient contredire les récentes déclaration du candidat qui reprochait à la maire Sandrine Berno Dos Santos de vouloir bétonner la ville. Des accusations larmoyantes de vouloir bâtir des immeubles à la place du local de la Croix-Rouge, de la maison des agents ou encore de celle occupée par le Secours Populaire (larmoyantes et mensongères surtout, puisqu’aucune de ces maisons n’est visée par un programme immobilier !) En effet, la Maire a annoncé lors des vœux au personnel communal que la maison des agents perdurerait, tout comme elle a indiqué à la Croix-Rouge la reconduction de sa convention d’occupation, et c’est Karl Olive lui-même, lorsqu’il était maire, qui avait commandé une étude pour y implanter un immeuble à la place du pavillon. Le Secours Populaire quant à lui, loue une maison d’habitation privée.
Au contraire, Sandrine Berno Dos Santos annonce clairement dans son dernier document électoral qui énonce les priorités de son prochain mandat vouloir « arrêter toute nouvelle construction immobilière, en dehors des projets déjà engagés, afin de mieux accompagner la forte croissance qu’a connue notre ville ces dernières années ».

Un collectif de riverains s’est constitué pour faire barrage au projet de construction voulu par Karl Olive, dénonçant la suppression prévue de 40 places de stationnement et voulant défendre la boulangerie du quartier qui se verrait menacée par l’arrivée d’une nouvelle boulangerie de l’autre côté de la rue, si Karl Olive était élu. « Non au projet de bétonnisation de Karl Olive » scande le Collectif La Bruyère Poissy. Une habitante bien connue dans le quartier conclue : « On veut garder notre verdure, notre tranquillité, notre village dans la ville. »
Sans nul doute, le scrutin des 15 et 22 mars sera déterminant pour l’avenir de La Bruyère.


