La candidature LFI de Sébastien Ribeiro bouscule les codes du scrutin local
Malgré l’annonce de la candidature unique de Mathieu Paranthoën il y a quelques mois pour représenter la gauche unie, le ton change à quelques semaines du premier tour. À la liste déjà en lice s’ajoute désormais celle portée par La France insoumise, avec Sébastien Ribeiro comme tête de liste. Une candidature qui se distingue moins par son arrivée que par l’angle politique qu’elle revendique : inscrire l’élection municipale dans un cadre ouvertement national, voire international.
Le professeur d’histoire-géographie assume ce positionnement. Pour lui, la présence du mouvement de Jean-Luc Mélenchon dans la course municipale relevait d’une évidence. « Il fallait que La France insoumise soit représentée », explique-t-il dans les colonnes de 78Actu, mettant en avant un travail collectif avec les militants locaux et les bons scores du mouvement dans la commune lors des scrutins nationaux.
Mais là où nombre de candidats municipaux s’attachent à cantonner leur discours aux compétences strictes de la mairie (urbanisme, voirie, écoles, services publics de proximité), Sébastien Ribeiro revendique une approche beaucoup plus large. À ses yeux, la frontière communale ne saurait enfermer l’action politique.
Cette lecture s’inscrit dans la ligne nationale de La France insoumise, marquée par une opposition frontale à la politique d’Emmanuel Macron. Une orientation qui irrigue aussi le discours municipal : fermetures de classes, suppressions de postes d’enseignants, saturation des urgences à l’hôpital de Poissy/Saint-Germain… Autant de dossiers sur lesquels, selon le candidat, la mairie devrait prendre position, même sans compétence directe. Un pari risqué.
« La question n’est pas seulement de savoir si la Ville agit, mais si elle soutient les habitants, les travailleurs, les usagers », insiste-t-il auprès de nos confrères de 78Actu. Une conception de la fonction municipale comme point d’appui politique, et non comme simple gestionnaire local.
Reste une question centrale : cette lecture très politisée, volontairement décloisonnée, trouvera-t-elle un écho dans un scrutin municipal où les électeurs attendent souvent des réponses concrètes et immédiates à des problématiques de proximité ? À Poissy, la candidature LFI fait le pari assumé que le local ne peut plus se penser sans le national. Un pari qui tranche avec les habitudes électorales municipales.


