Karl Olive veut supprimer 140 places de stationnement à Poissy
C’est une annonce qui est passée inaperçue, mais qui a le mérite de lancer le débat sur les infrastructures de recharge en ville. Dans une vidéo de 3 minutes, le Député des Yvelines annonce vouloir installer 70 bornes de recharge électrique. Décryptage.
Cette proposition suscite des interrogations légitimes sur son utilité réelle, son impact sur le stationnement et son adéquation avec les pratiques actuelles des automobilistes.
70 bornes = 140 places de stationnement en moins
Un point rarement mis en avant concerne l’impact direct sur le stationnement. Chaque borne de recharge mobilise en moyenne deux places réservées, soit 140 places de stationnement qui ne seraient plus accessibles aux véhicules thermiques, sous peine d’une amende de 135€.
Dans une ville où le stationnement est déjà sous tension dans de nombreux quartiers, cette réduction pourrait accentuer les difficultés pour une large majorité d’automobilistes, alors même que les véhicules électriques restent minoritaires dans le parc automobile : seuls 2.8% des véhicules immatriculés en France sont électriques.
Une fréquentation des bornes déjà existantes très limitée
Autre élément factuel, et que chacun peut vérifier : les bornes actuellement en service à Poissy sont loin d’être saturées. L’exemple de la borne située près de la gare est révélateur : elle est très loin d’être occupée 24h/24, et reste souvent disponible, y compris en journée.



Avant d’envisager un déploiement massif de nouvelles installations, la question se pose donc : pourquoi multiplier des équipements dont l’usage actuel reste faible ?
Une recharge en ville plus chère qu’à domicile (même à tarif préférentiel)
Contrairement à l’argument du pouvoir d’achat, la recharge électrique en voirie est significativement plus coûteuse que la recharge à domicile. Et c’est normal, les opérateurs privés doivent prévoir le coût de l’infrastructure, la maintenance, mais aussi leur marge.
Une recharge à domicile en 2026 dépasse rarement 0.17cts d’euro le kWh. Sur des bornes publiques, avec un opérateur unique comme à Poissy aujourd’hui et son badge propriétaire, c’est 0.35cts le kWh, sans compter les frais d’occupation de la borne (0.05cts la minute à Poissy après 3h de charge). C’est plus du double. Avec votre véhicule essence, vous accepteriez de faire le plein deux fois plus cher en ville plutôt que chez vous ?
Résultat : les propriétaires de véhicules électriques privilégient largement la recharge chez eux, quand ils le peuvent, et utilisent peu les bornes publiques pour un usage quotidien. La question mérite d’être posée pour des villes touristiques, où les usagers sont en vacances et ont donc une nécessité de recharger leur véhicule sur la voie publique. Mais peut-on considérer Poissy comme la destination touristique préférée des français pour les vacances ? Rien n’est moins sûr.
Des bornes peu pratiques, parfois inadaptées
Plusieurs bornes déjà installées à Poissy présentent également des freins à l’usage. Certaines, dont celle devant laquelle le candidat tourne sa vidéo, ne permettent pas le paiement par carte bancaire. Il faut donc passer par l’opérateur en direct avec sa propre carte et son propre abonnement, ou par un fournisseur d’accès aux bornes comme ChargeMap, mais qui prendra aussi sa marge.
Une politique d’équipement déconnectée des pratiques locales ?
Ces constats soulèvent une question centrale : la multiplication des bornes répond-elle réellement à un besoin des Pisciacais ?
À ce stade, les faits montrent :
- une sous-utilisation des infrastructures existantes,
- un coût dissuasif pour les usagers,
- un impact négatif sur le stationnement,
- des équipements parfois peu fonctionnels.
Dans ce contexte, le risque est d’installer massivement des bornes de recharge plus symboliques qu’utiles, au détriment de problématiques quotidiennes plus pressantes pour les habitants, qui doivent avant tout trouver une place de stationnement sur un emplacement adapté. Le candidat à la Mairie de Poissy Karl Olive connait pourtant bien le sujet, lui qui avait été épinglé pour son stationnement sur les réseaux sociaux en septembre 2025.
Et les pistes cyclables ?
La transition écologique est un enjeu majeur, mais elle ne peut être efficace que si elle est fondée sur les usages réels, l’efficacité des équipements et l’intérêt général. A l’échelle d’une ville, elle passe d’avantage par le développement des pistes cyclables que par les bornes de recharges pour véhicules électriques. Avant d’annoncer un déploiement massif, une évaluation précise des besoins, des coûts indirects et de l’impact sur la vie quotidienne des Pisciacais apparaît indispensable.
Et vous, que pensez-vous de cette proposition ?



Un commentaire
Mohamed Tighidet
Personnellement, je suis complètement de votre avis, celles déjà existantes que je vois régulièrement du côté de la gare et du conservatoire de Poissy, ne sont pratiquement pas utilisées toute la journée, donc prévoir 70 autres bornes, ça sera un vrai gâchis.